Une petite fuite à la jointure entre la jante et le pneu.

On m'avait prévenu : les pneus tubeless, c'est bon pour l'Europe, mais ici il faut de bonnes vieilles chambres à air, c'est plus costaud.

Direction le quado (réparateur de pneus) le plus proche. Ces ateliers en plein air jalonnent les rues de Kinshasa par dizaines.

La fuite repérée dans un bac à eau, le mécanicien joue de deux démonte-pneus et de ses pieds nus pour séparer caoutchouc et métal. Puis il « emprunte » une poignée de foufou, la semoule qui sert d'alimentation de base à la plupart des Congolais, à une femme qui mange à côté.

Sous ses doigts experts, le féculent vient colmater les interstices. Le réparateur se tourne ensuite vers un compresseur qui semble entièrement fait maison. Les courroies qui relient le moteur à la pompe sont entièrement réalisées en chambre à air de récupération. L'alimentation électrique vient on ne sait d'où, via un assemblages de morceaux de fils multicolores, et charge par la même occasion quelques téléphones portables.

Lancé d'un mouvement de la main, le compresseur regonfle mon pneu, qui expulse un bourrelet de foufou excédentaire.

Cela fait 15 jours. J'ai bien sûr eu d'autres crevaisons depuis, mais cette roue est restée intacte.