Les ados irlandais et le Traité de Lisbonne
By Thomas on Tuesday 17 June 2008, - Autre/Other - Permalink
Article publié dans Les Clés de l'actualité
Au lendemain du référendum sur le traité européen simplifié, Craig et Conor, deux Irlandais de 17 ans, donnent leur avis - divergent - sur le résultat.
Craig, 17
ans, Dublin
Je suis content que ce soit Non. On nous a dit que ce traité était notre futur,
mais c'est stupide.
Si nous avions dit oui, notre gouvernement aurait eu une voix moins forte en
Europe. Les taxes auraient augmenté, et l'inflation avec. Cela veut dire moins
de revenus pour nous. Je préfère garder les choses comme elles sont et que
l'Irlande reste le pays européen où les impôts sont les moins élevés, sinon il
n'y aurait plus de travail.
J'ai aussi entendu dire que l'âge minimum pour avoir le droit de conduire ou
d'aller au pub risquait d'être relevé. Ça, ce n'est pas notre futur, c'est la
ruine de notre avenir !
Je me suis tenu au courant en lisant les prospectus distribués pendant la
campagne. Nous en avons parlé dans ma famille et tout le monde était contre,
surtout ma grande sœur. Mais la plupart des gens avec qui j'en ai discuté ne
connaissaient en fait rien du tout du traité de Lisbonne. Parfois, c'est moi
qui le leur expliquais ! J'aurais bien aimé pouvoir voter moi-même.
Je n'attends rien de particulier de l'Europe. J'ai déjà voyagé sur le
continent, je vais en vacances en Espagne cet été. J'aime bien ça, mais je
préfère ce que je retrouve en rentrant chez moi. Et je n'ai pas envie que ça
change.
Conor, 17 ans,
Dunshaughlin
Je suis déçu que le traité ait été rejeté. Cela semblait être un bon compromis
pour l'Irlande, car les deux principaux partis politiques étaient pour :
ils savent ce qui est dans l'intérêt des Irlandais. C'était une occasion
d'avancer.
Je pense qu'on aurait mieux fait de s'allier au reste de la communauté plutôt
que de s'isoler.
J'ai regardé le principal débat télévisé de la campagne et j'en ai parlé avec
mon père, et aussi avec des collègues avec qui je travaille pour mon job d'été.
Les gens n'ont pas suffisamment compris, il y avait trop de clauses cachées
dans le traité et ils ne savaient pas où cela allait les mener.
Cela ne m'a pas manqué de ne pas encore pouvoir voter. Je n'ai pas eu à choisir
mon camp, j'ai pu garder l'esprit ouvert. J'aurais aimé avoir mon mot à dire...
mais on me demandera peut-être mon avis l'année prochaine !
Je pense que tout cela peut être renégocié. Quand Brian Cowen (le premier
ministre irlandais) se rendra au sommet européen la semaine qui vient, ils
pourront trouver un moyen d'arranger les choses.
Ce qu'il aurait fallu, c'est plus d'explications : pourquoi ce traité ?
Quels bénéfices pour nos pays ? Les Français vont prendre la présidence de
l'Europe bientôt, j'espère qu'ils pourront rendre les choses plus claires pour
les gens.
Thomas Hubert est correspondant de la BBC à Kinshasa, RD Congo. Il a auparavant travaillé comme pigiste au Congo et en Europe. Ce blog présente une sélection de ses travaux et des notes sur la vie quotidienne à Kinshasa.